Pauvreté : le Collectif ALERTE appelle à un changement d’échelle

Uniopss

Un an après l’adoption de la Stratégie de lutte contre la pauvreté, le Collectif ALERTE a tenu une conférence de presse le 9 septembre pour rappeler que la situation des plus modestes continuent de se dégrader…

Le 9 septembre dernier, un an après l’adoption de la Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, le Collectif ALERTE, animé par l’Uniopss, a tenu une conférence de presse au siège du Secours Catholique à Paris. Bien conscient que les impacts de cette Stratégie ne peuvent s’inscrire que sur le long terme, les membres du Collectif n’ont pas souhaité dresser un bilan, mais bien s’intéresser à la situation des personnes les plus modestes de notre pays depuis la mise œuvre de ce vaste plan de lutte contre l’exclusion.

Selon Christophe Devys, président du Collectif, force est de constater que les conditions de vie des plus pauvres se sont globalement dégradées. « La diminution l’année dernière des APL, de même que la désindexation des allocations logement et des prestations familiales ont frappé de plein fouet les plus modestes ». Certes, la mise en place du service public de l’insertion, présentée le même jour par le gouvernement, de même que les discussions autour du Revenu universel d’activité pourraient aller dans le bon sens, mais ces réformes ne seront applicables au mieux qu’à partir de 2022 et « les plus pauvres ne peuvent pas attendre ».

Une vision que partage Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, qui souligne également la nécessité pour le gouvernement de mettre fin à un certain nombre d’incohérences. « La mise en œuvre du logement d’abord va dans le bon sens, mais si celle-ci se double d’une diminution des budgets des CHRS et des bailleurs pour construire des logements sociaux accessibles, cela n’a plus aucun sens. » Selon Christophe Robert, il convient aujourd’hui de changer d’échelle pour mettre en adéquation les grandes réformes pour lutter contre la pauvreté et le reste du corpus législatif. Un constat qui pourrait s’appliquer en matière d’insertion professionnelle. « Réformer l’IAE et créer un service public de l’insertion oui, mais si c’est sans compter la baisse drastique des contrats aidés, ni la réforme de l’assurance chômage qui devrait largement peser sur les plus précaires », rappelle Florent Guéguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité.

Même si des mesures ont été prises suite la crise des gilets jaunes, notamment en direction des travailleurs modestes, « on a aujourd’hui le sentiment que les personnes les plus exclues sont les oubliés des politiques publiques », constate Claire Hédon, présidente d’ATD Quart Monde. Pour autant, rappelle Jérôme Voiturier, directeur général de l’Uniopss, « il ne s’agit pas d’opposer ces mesures à celles envisagées pour les 10 % les plus pauvres, mais bien de proposer vision d’ensemble qui manque aujourd’hui cruellement ».